Trois ans ont passé depuis le 7 octobre 2023. Trois ans depuis cette matinée qui a bouleversé Israël, la communauté juive et la vie de milliers de familles.
Pour marquer cette date, jewbuzz a choisi de faire quelque chose de simple : écouter. Écouter Rom Braslavski, qui travaillait comme agent de sécurité au festival Nova lorsqu’il a été enlevé. Il passera 738 jours en captivité à Gaza avant de retrouver sa liberté et sa famille.
Comment survit-on à la faim, aux violences et à la peur pendant autant de temps ? À quoi ressemble le quotidien dans cet enfer ? Et comment revient-on à une vie normale après avoir vécu l’impensable ? Rom a accepté de répondre aux questions de jewbuzz et de revenir, sans détour, sur sa captivité et son retour à la liberté.
Le jour où tout a basculé
L’entretien commence là où tout a basculé : au festival Nova. Rom raconte cette matinée, son enlèvement, puis l’entrée dans une réalité qui durera plus de deux ans. La faim, les violences, l’isolement, l’absence de nouvelles du monde extérieur… autant d’épreuves qui deviennent son quotidien.
Mais au-delà de raconter ce qu’il a subi, Rom explique aussi ce à quoi il s’est accroché pour tenir. Comment garder la notion du temps lorsque les jours se ressemblent ? Que sait-on encore du monde extérieur ? Où trouve-t-on la force de croire que tout cela aura une fin ?
Des questions difficiles, auxquelles Rom a choisi de répondre avec ses mots, sans détour.

Garder la foi quand on perd ses repères
Il y a aussi, dans cette conversation, une dimension plus intime : celle de la foi. Kippour, Pessa’h, Hanouka… Des dates qui rythment habituellement nos années, nos traditions et nos familles. Mais comment savoir qu’une fête arrive lorsque l’on vit coupé du monde ? Comment conserver ses repères et continuer à croire dans de telles circonstances ?
Rom revient sur la place qu’a occupée sa foi pendant sa captivité. À travers ces souvenirs apparaît peu à peu autre chose que l’ex-otage dont le monde a découvert l’histoire : le jeune homme derrière les cicatrices.
Et après ?
Que ressent-on lorsque l’on retrouve enfin sa famille après 738 jours ? Comment réapprend-on à vivre libre après avoir vécu l’impensable ?
Rom raconte son retour, sa reconstruction et cette nouvelle vie qu’il doit désormais apprivoiser. Depuis sa libération, il a également fait un choix : prendre la parole. Raconter ce qu’il a vécu, mais aussi transformer son histoire en une mission et défendre ce en quoi il croit.
Dans l’interview, il adresse notamment un message aux Juifs qui, confrontés à l’antisémitisme, hésitent aujourd’hui à affirmer leur identité.
Il y a des interviews qui comptent plus que d’autres
Depuis bientôt dix ans, jewbuzz vous fait rire, raconte la communauté, va à votre rencontre et tente parfois des choses plus ou moins raisonnables avec un micro. Mais certaines fois, le mieux que l’on puisse faire avec ce micro, c’est le tendre et écouter.
Nous l’avons fait avec Léon Lewkowicz, l’un des derniers survivants de la Shoah, avec Zarie Sibony, rescapée de l’attentat de l’Hyper Cacher, et avec Jonathan Chetrit, rescapé de l’attentat de l’école Ozar Hatorah à Toulouse. Aujourd’hui, nous le faisons avec Rom.
Cette rencontre a demandé beaucoup de préparation en amont : trouver les bonnes questions, mais surtout la bonne manière de les poser. Le tournage a également été particulièrement éprouvant pour notre équipe, tant certains récits sont difficiles à entendre.
Ces histoires ne sont évidemment pas les mêmes. Mais elles nous rappellent toutes pourquoi il est parfois essentiel de poser la caméra, d’écouter et de conserver une trace de ceux qui ont vécu l’impensable.
Trois ans après
Publier cette interview le 7 octobre n’est pas un hasard. Trois ans jour pour jour après les attaques, nous avons choisi de marquer cette date en laissant toute sa place à la parole de l’un de ceux qui en portent encore directement les conséquences.
Rom nous a parlé de la captivité, mais aussi de sa foi, de sa famille, de sa résistance, de son retour et de la vie qu’il reconstruit aujourd’hui.
Trois ans après, il reste beaucoup à raconter, à comprendre et à transmettre. Pour ce 7 octobre, nous voulions simplement que vous écoutiez Rom.